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Affluents – Étape 2

À l’heure du développement durable des territoires, Affluents se positionne comme une opportunité pour inscrire le centre-ville de Gatineau dans cette mouvance. Pensée comme une stratégie de régénération urbaine, notre proposition esquisse les premiers traits d’un projet qui serait en mesure de rehausser la qualité de vie des quartiers centraux de Gatineau. Cet ambitieux projet s’articule autour des principaux vecteurs qui sont :

  1. Le développement économique intelligent et inclusif : L’offre en espaces de bureaux ainsi que la reconversion du site de la Fonderie en zone d’innovation Connexité permettra de stimuler la croissance économique de la ville de Gatineau.
  2. La connectivité et l’accessibilité : La trame viaire que propose Affluents ainsi que la nouvelle gare multimodale prévue à l’intersection des principales artères du site favoriseront à la fois les déplacements à pied, la connexion entre les différents secteurs de même que la réduction de l’impact environnemental des déplacements motorisés.
  3. La cohésion sociale et la sécurité : En se basant sur le profil sociodémographique de Gatineau et en tenant compte de l’augmentation de la population prévue dans le Programme particulier d’urbanisme (PPU), Affluents prône la création de nouveaux quartiers d’habitat intégré en incluant différentes typologies de logements pour toutes les strates de la population. Cela favorisera une mixité sociale de même qu’une mixité d’usages qui seront en mesure d’améliorer les relations interculturelles et intergénérationnelles. De nouveaux équipements tels que le centre sportif, la bibliothèque, le centre de santé, les nombreuses places publiques ainsi que le nouveau centre de police viendront consolider le sentiment de convivialité et de sécurité au centre-ville de Gatineau.
  4. L’éducation environnementale et la résilience : La vision portée par le projet Affluents intègre d’une manière effective le concept de résilience et de durabilité des territoires. Avant tout, cette stratégie urbaine vise à rompre avec le modèle classique d’urbanisation et d’artificialisation des sols. De plus, les différents aménagements paysagers (restauration écologique des berges, augmentation du couvert végétal dans les parcs et dans le cœur des îlots, puis suppression d’une partie de l’autoroute 50 au profit du nouveau parc urbain) seront des mesures tangibles contre les effets des changements climatiques. Enfin, le nouvel Institut d’écologie urbaine et ses jardins potagers viendront amorcer de nouvelles pratiques environnementales et initier la population aussi bien locale que régionale à l’agriculture urbaine.

Plusieurs idées proposées par Affluents convergent avec la vision politique et citoyenne de la ville de Gatineau, tandis que d’autres sont novatrices et ont pour objectif d’apporter de nouveaux éléments dans le débat public. Affluents n’est donc pas une finalité, mais bien un commencement. C’est à travers des réflexions communes (i.e. les échanges et les consultations publiques) que nous construirons la ville de demain et ferons émerger ce nouveau projet à Gatineau.


Analyse contextuelle

Une première analyse du tissu urbain du secteur concerné par le projet Affluents nous a permis de constater un déséquilibre des fonctions, puisque l’occupation dominante demeure le secteur résidentiel. À l’heure de la mixité sociale et fonctionnelle, cette configuration marquée par des constructions unifamiliales va à l’encontre du modèle d’un centre urbain durable. Une première analyse du tissu urbain du secteur concerné par le projet Affluents nous a permis de constater un déséquilibre des fonctions, puisque l’occupation dominante demeure le secteur résidentiel. À l’heure de la mixité sociale et fonctionnelle, cette configuration marquée par des constructions unifamiliales va à l’encontre du modèle d’un centre urbain durable.

Malgré une présence importante d’équipements communautaires, publics et institutionnels, le centre-ville de Gatineau souffre d’un manque de vitalité et de cohérence dans ses fonctions. Les zones commerciales et de service établies sur les axes routiers principaux demeurent en décalage avec les attentes des résidents locaux. Enfin, la zone industrielle enclavée entre le boulevard St-Joseph et le ruisseau de la Brasserie représente une réelle fragmentation socio-spatiale et socio-économique dans ce secteur.

Le rééquilibrage des fonctions et la revitalisation des secteurs stratégiques tels que l’aréna Guertin, la Fonderie ainsi que la zone industrielle représentent l’épine dorsale du projet Affluents.
Cette carte illustre le maillage viaire du secteur concerné par le projet Affluents. Ce dernier est bien irrigué par des voies urbaines où la place des véhicules motorisés demeure prédominante. La desserte par le transport en commun reste toutefois faible et se limite aux autobus et au Rapibus.

La section de l’autoroute 50, qui est l’un des axes principaux reliant ce secteur au réseau routier régional, contribue considérablement à la fragmentation du tissu urbain. Malgré une limitation à 70 km/h à l’approche de l’Île de Hull, cette mesure ne constitue pas en soi une option pour améliorer la sécurité des voies en milieu urbain. Les axes tertiaires, malgré leur entrelacement, reflètent très peu l’équilibre entre les fonctions circulatoires et la vie locale qu’ils devraient apporter. Le manque de pistes cyclables et le caractère désuet des trottoirs témoignent d’une faible fréquentation cycliste et piétonne.

La restructuration d’une section de l’autoroute 50, l’intégration d’une ligne pour le tramway sur le boulevard des Allumettières ainsi que les liaisons piétonnes enjambant le ruisseau de la Brasserie proposées par le projet Affluents sont des options clés pour améliorer la qualité de vie dans le centre-ville de Gatineau.

La composition paysagère du secteur choisi pour le projet Affluents est constituée essentiellement de parcs municipaux, de friches végétales non aménagées, de terrains de sports et de jeux ainsi que des abords du ruisseau de la Brasserie. Néanmoins, ce corridor écologique demeure peu valorisé malgré les pistes cyclables qui y sont aménagées (sentier du ruisseau de la Brasserie). Ses utilisateurs signalent souvent le problème d’insécurité et le manque de connexion physique et visuelle de ce dernier au reste des quartiers du centre-ville.

L’aménagement des abords du ruisseau sur la partie nord, l’élargissement de la zone écologique à la suite de la suppression d’une partie de l’autoroute 50 ainsi que les connexions piétonnes et visuelles créées par les passerelles représentent un enjeu fort pour le centre-ville de Gatineau. Ces options favoriseraient l’accès au ruisseau sur cette partie et pourraient à long terme devenir des leviers pour la mise en place d’une nouvelle ligne aquatique de transport collectif.
Le centre-ville de Gatineau n’a pas échappé à la tendance d’une urbanisation suivant le modèle de secteurs monofonctionnels de faible densité qui caractérise les villes du Québec. Ces secteurs sont déconnectés entre eux et articulés autour des axes routiers. Une telle configuration urbaine ne permet pas des économies d’échelle et favorise l’augmentation des coûts des infrastructures et des services publics.
 
La vision portée par le projet Affluents a comme toile de fond la régénération des territoires existants, stratégie clé de développement durable des villes. La zone industrielle ainsi que les terrains vacants et ceux servant de stationnement se présentent comme des dents creuses porteuses de grand potentiel pour une densification intelligente du centre-ville.

Le site choisi pour Affluents représente un secteur stratégique pour développer un projet urbain durable, en intégrant tout à la fois les critères environnementaux, économiques et socioculturels. Les résultats obtenus témoignent de son grand potentiel à pouvoir assurer à long terme un développement durable et soutenable pour la ville de Gatineau. Une première lecture de la forme urbaine de ce projet nous laisse entrevoir une densité de 58 logements/hectare (la densité moyenne des nouveaux quartiers en périphérie des villes au Québec frôle à peine 25 logements/hectare, toutes typologies confondues).

Ce résultat représente la densité résidentielle brute qui se définit comme le rapport entre le nombre de logements d’un quartier et la superficie totale de ce dernier, en incluant les espaces non résidentiels et publics. À titre d’exemple, le collectif Vivre en Ville propose dans son rapport de révision du schéma d’aménagement et de développement durable de la ville de Gatineau (2013) une densité résidentielle de 40 logements/hectare à l’horizon 2051.

Cette mesure de densification sera accompagnée d’une large offre en services de proximité (commerces, établissements de santé, équipements sportifs et culturels), de mobilité et d’emploi. Affluents n’est pas qu’un projet, mais un écosystème vivant!

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